la Nupes retire un millier d’amendements sans faire baisser la tension

Le député La France insoumise des Hauts-de-Seine Aurélien Saintoul s’excuse auprès du ministre du travail, Olivier Dussopt, après l’avoir traité d’« assassin », lundi 13 février 2023, à l’Assemblée nationale, à Paris.

La guerre des nerfs promise par la gauche contre la réforme des retraites est engagée à l’Assemblée nationale. Au cinquième jour de l’examen du projet de loi de financement rectificative de la Sécurité sociale, lundi 13 février, les députés de la Nouvelle Union populaire écologique et sociale (Nupes) ont opéré un changement de stratégie, sous la pression des syndicats et du camp présidentiel.

Il est 21 h 30 quand, à la reprise des débats, plus de 1 300 amendements de la gauche sur l’article 2 relatif à l’« index seniors » sont rayés d’un trait de plume. Rassemblé avec les chefs de file « insoumis », écologiste et communiste, le président du groupe socialiste, Boris Vallaud, explique en salle des Quatre-Colonnes que la Nupes opère cette manœuvre afin de discuter « des propositions alternatives de financement », dont les mesures seront discutées après l’article 2.

Une manière de prendre de court leurs adversaires et de mettre un terme aux accusations d’obstruction qui visent les parlementaires de gauche, auteurs de 18 000 amendements sur les 20 000 qui ont été déposés. La première ministre, Elisabeth Borne, avait ainsi interpellé la Nupes, lundi soir, en demandant, dans un entretien à l’Agence France-Presse, le « retrait des amendements qui n’ont pas d’autre objet que de faire de l’obstruction et de retarder l’avancée du texte ».

Contexte inflammable

Cette décision de la gauche a toutefois provoqué une certaine fébrilité au sein de la coalition présidentielle, peu présente dans l’Hémicycle au moment de la reprise. Finalement, les échanges se sont cristallisés sur les amendements des élus macronistes, du Rassemblement national (RN) et des Républicains, ne permettant pas aux députés d’aller au bout de l’examen de l’article 2 avant minuit.

Après une semaine placée sous le signe de la discorde à l’Assemblée, où les incidents de séance ont supplanté les débats de fond, les députés de gauche ont décidé d’accélérer la cadence. Cette décision a été actée lors d’une réunion, lundi en début d’après-midi, entre les principaux responsables de texte à gauche, parmi lesquels Olivier Faure et Jérôme Guedj, du Parti socialiste, Mathilde Panot et Hadrien Clouet, de La France insoumise (LFI), l’écologiste Cyrielle Chatelain ou le communiste Pierre Dharréville. L’objectif initial était alors d’aboutir à un vote de l’article 2 avant 20 heures.

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Mais un nouveau contretemps est venu percuter le dessein de la gauche. Soixante-douze heures après l’exclusion de séance pour quinze jours du député « insoumis » Thomas Portes à la suite d’un tweet controversé sur Olivier Dussopt, la polémique est venue d’un autre élu LFI, Aurélien Saintoul. Dans une intervention consacrée aux nombres de personnes mortes au travail, le député a qualifié le ministre du travail d’« imposteur » et d’« assassin ». Une sortie qui a provoqué un tollé et le départ en trombe de l’Hémicycle du ministre, heurté.

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