Banque, assurance, fintech, cybersécurité, ressources humaines : l’intelligence artificielle redessine les contours de ces secteurs à une vitesse qui bouscule les trajectoires professionnelles. C’est précisément cette mutation que la deuxième édition du Forum des Métiers de l’Association des Tunisiens des grandes écoles en France (ATUGE-France) a choisi de placer au centre de ses débats, réunissant quelque 1 300 inscrits venus croiser expertises, opportunités et ambitions.
Un rendez-vous entre diaspora tunisienne et marché de l’emploi
Organisé par l’ATUGE-France, ce forum s’est imposé comme un espace de convergence entre les talents tunisiens établis en France et les jeunes diplômés en quête de leur première insertion professionnelle ou désireux de concrétiser un projet entrepreneurial. L’événement a rassemblé un public hétérogène : chefs d’entreprises, universitaires, décideurs économiques, porteurs de projets, startuppeurs et demandeurs d’emploi ont partagé la même salle le temps d’une journée dense.
L’ambassadeur de Tunisie en France, Dhia Khaled, a pris la parole pour rappeler la responsabilité que portent les compétences tunisiennes de la diaspora envers les nouvelles générations. Dans son allocution, il a insisté sur la nécessité de tisser et de consolider des réseaux entre talents tunisiens, estimant que ces liens constituent un levier concret pour renforcer le partenariat multidimensionnel entre Tunis et Paris.
Le diplomate n’a pas limité son propos aux seules questions de réseautage. Il a mis en lumière les secteurs tunisiens qui offrent aujourd’hui des perspectives réelles aux investisseurs et aux professionnels : intelligence artificielle, technologies de l’information, cybersécurité, santé numérique, fintechs, finance, ainsi que les transitions énergétique et écologique. Il a également rappelé la volonté de la Tunisie de s’inscrire dans une démarche d’IA éthique et responsable, tout en continuant à investir dans la formation de ressources humaines de haut niveau.
L’intelligence artificielle et ses effets concrets sur les métiers
Sur le fond, les échanges ont largement gravitié autour d’une question centrale : comment l’IA transforme-t-elle les métiers, et quelles compétences faut-il développer pour y répondre ? Les intervenants ont abordé ces enjeux sous des angles complémentaires, allant de la théorie économique aux réalités du terrain en entreprise.
Parmi les personnalités présentes, le professeur Elyes Jouini, administrateur de l’Institut Universitaire de France, a apporté un éclairage académique sur les mutations en cours. Olfa Zorgati, membre du conseil d’administration d’Ubisoft et conseillère senior du fonds d’investissement Cobepa, a quant à elle partagé une perspective ancrée dans les milieux financiers et technologiques. Plusieurs autres experts tunisiens spécialisés dans l’intelligence artificielle, le secteur bancaire et la finance ont complété ce panel de haut niveau, offrant aux participants des analyses concrètes sur les évolutions attendues dans leurs domaines respectifs.
Les discussions ont permis de cartographier les métiers en tension, ceux appelés à se transformer profondément et ceux qui émergent directement des avancées technologiques. Dans les secteurs de la banque et de l’assurance notamment, les intervenants ont souligné que l’automatisation de certaines tâches ne signifie pas nécessairement la disparition des emplois, mais exige une montée en compétences rapide, particulièrement sur la maîtrise des outils d’analyse de données et des systèmes algorithmiques.
Coaching, rencontres directes et accompagnement pratique
Au-delà des conférences et des tables rondes, le forum a proposé un volet pratique destiné à outiller concrètement les participants. Des sessions de coaching ont été organisées tout au long de la journée, axées sur la préparation des CV et la conduite des entretiens d’embauche, mais aussi sur la manière d’appréhender l’impact de l’IA dans la recherche d’emploi : comment optimiser sa candidature à l’heure des systèmes de tri automatisés, comment valoriser des compétences hybrides, comment se positionner sur un marché du travail en recomposition.
Un espace de networking structuré a également été aménagé pour favoriser les échanges directs entre jeunes talents et entreprises — tunisiennes comme françaises — présentes sur place. Ce dispositif a permis des discussions informelles mais ciblées, loin du simple échange de cartes de visite, avec des représentants de sociétés actives dans les secteurs technologiques, financiers et des ressources humaines.
Selon les chiffres communiqués par les organisateurs et relayés par Réalités Magazine, près de 1 300 personnes se sont inscrites à cette édition, un chiffre qui témoigne de l’ancrage croissant de cet événement dans l’agenda de la communauté tunisienne en France. Ce succès de participation illustre aussi l’appétit des jeunes professionnels tunisiens pour des espaces qui conjuguent réflexion stratégique sur l’avenir du travail et opportunités concrètes d’insertion ou de développement de projets.
L’ATUGE-France positionne ainsi ce forum comme un pont entre deux rives : celle d’une diaspora qualifiée, ancrée dans les écosystèmes économiques français et européens, et celle d’une Tunisie qui cherche à mobiliser ses cerveaux expatriés au service de son développement. La thématique de l’intelligence artificielle, choisie pour cette deuxième édition, n’est pas un effet de mode : elle reflète une réalité professionnelle qui s’impose désormais à tous les secteurs, et qui exige des réponses collectives.


