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La Route des Andalous fait étape à Tunis pour le Mois du Patrimoine

Ce samedi 9 mai, la Médina de Tunis devient le théâtre d’une célébration culturelle singulière. La manifestation itinérante « La Route des Andalous », inscrite dans le programme de la 35ᵉ édition du Mois du Patrimoine, pose ses valises dans la capitale tunisienne après avoir entamé son périple le 18 avril dernier depuis Testour, ville […]

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Ce samedi 9 mai, la Médina de Tunis devient le théâtre d’une célébration culturelle singulière. La manifestation itinérante « La Route des Andalous », inscrite dans le programme de la 35ᵉ édition du Mois du Patrimoine, pose ses valises dans la capitale tunisienne après avoir entamé son périple le 18 avril dernier depuis Testour, ville emblématique de l’héritage arabo-andalou en Tunisie. Un rendez-vous qui mêle mémoire collective, transmission culturelle et festivités populaires au cœur d’un espace chargé d’histoire.

De Testour à Zaghouan, un voyage culturel à travers la Tunisie

Le tracé de « La Route des Andalous » n’a rien d’arbitraire. Il épouse la géographie de l’implantation historique des populations morisques et andalouses qui ont fui la péninsule ibérique aux XVIe et XVIIe siècles pour trouver refuge en terre tunisienne. Ces communautés ont laissé une empreinte indélébile sur l’architecture, la musique, l’artisanat, la gastronomie et les pratiques agricoles de plusieurs régions du pays.

Lancée à Testour — localité du nord-ouest tunisien réputée pour être l’un des bastions de cet héritage — la manifestation parcourt ainsi différentes étapes avant de clore son itinéraire le 16 mai 2026 à Zaghouan. Cette ville du nord-est, connue pour son temple des eaux d’époque romaine mais aussi pour ses traditions artisanales influencées par l’apport andalou, offrira un point de chute symbolique à ce voyage culturel à travers le temps.

Cette approche itinérante reflète une volonté des organisateurs de décentraliser la culture et de porter les activités patrimoniales au-delà des seuls centres urbains. En traversant plusieurs gouvernorats, la manifestation entend toucher des publics diversifiés et rappeler que l’héritage andalou ne se limite pas à une seule région, mais irrigue une large partie de l’identité tunisienne.

Tunis : un programme ancré dans la Médina

Pour cette étape tunisoise, la Délégation régionale des affaires culturelles de Tunis a conçu une journée de programmation dense, déployée dans plusieurs espaces de la Médina. Ce choix géographique est loin d’être anodin : classée au patrimoine mondial de l’UNESCO, la Médina de Tunis concentre à elle seule des siècles de superpositions culturelles, où l’influence andalouse se lit encore dans certains éléments architecturaux, les décors de zellige ou les techniques de construction traditionnelles.

Les activités proposées s’articulent autour d’une approche qui cherche à conjuguer authenticité et accessibilité. L’idée est de ne pas enfermer le patrimoine dans une vitrine muséale, mais de le faire vivre, de le rendre tangible pour un public de tous âges. Animations artistiques, démonstrations artisanales, expressions musicales liées au répertoire andalou — la malouf en tête, ce genre musical classique tunisien directement issu de la tradition musicale andalouse — sont au programme de cette journée.

La malouf occupe une place centrale dans cet héritage immatériel. Inscrite elle aussi au patrimoine de l’humanité, cette musique savante, transmise de génération en génération depuis des siècles, constitue l’un des fils conducteurs les plus vivants entre la Tunisie contemporaine et l’Andalousie perdue. Sa présence dans les festivités de ce samedi illustre la dimension à la fois historique et toujours vivante de cet héritage.

Un mois du patrimoine à dimension nationale

La manifestation « La Route des Andalous » s’inscrit dans un cadre plus large : le Mois du Patrimoine, célébré chaque année en Tunisie durant le mois de mai, en lien avec la Journée internationale des monuments et des sites commémorée le 18 avril. Cette édition, la 35ᵉ du genre, mobilise des institutions culturelles à l’échelle nationale autour d’un objectif commun : sensibiliser les citoyens à la richesse du patrimoine matériel et immatériel tunisien et renforcer le sentiment d’appartenance à une histoire partagée.

Les délégations régionales des affaires culturelles jouent un rôle clé dans cette dynamique, en adaptant les programmes aux spécificités locales et en impliquant les acteurs associatifs, les artisans, les musiciens et les chercheurs. À Tunis, cette coordination se traduit par une programmation pensée pour valoriser des métiers et des savoirs qui risquent de s’effacer si aucun effort de transmission n’est entrepris.

L’héritage andalou, une identité toujours revendiquée

En Tunisie, l’identité andalouse reste une réalité sociale et familiale pour de nombreuses familles qui revendiquent une ascendance directe avec les populations expulsées d’Espagne. Des noms de famille, des spécialités culinaires, des techniques artisanales et des pratiques agricoles — comme la culture du jasmin ou certaines variétés de roses — témoignent de cette greffe historique réussie sur le sol tunisien.

Des villes comme Testour, Soliman, El Haouaria ou encore certains quartiers de Tunis portent encore les traces de cet apport démographique et culturel. Les recherches historiques et ethnographiques menées ces dernières décennies ont permis de mieux documenter cette mémoire, souvent transmise de façon orale au sein des familles avant d’être reconnue et valorisée par les institutions.

Selon les informations relayées par Radio RTCI, source de cet événement, la manifestation bénéficie d’une coordination entre plusieurs structures culturelles régionales, ce qui lui confère une cohérence d’ensemble rare dans ce type d’initiative itinérante. L’ambition affichée est de transformer chaque étape en un moment de rencontre entre les habitants d’une ville et un pan de leur propre histoire, parfois méconnu ou sous-estimé.

Un patrimoine vivant à préserver et à transmettre

La question de la transmission est au cœur des préoccupations des acteurs culturels tunisiens engagés dans ce type de manifestation. Préserver un patrimoine ne signifie pas uniquement le conserver dans des archives ou des musées, mais aussi le faire circuler, l’enseigner, le mettre en dialogue avec la création contemporaine. C’est précisément ce que tente de faire « La Route des Andalous » en associant des formes d’expression traditionnelles à des formats de médiation adaptés aux publics actuels.

L’approche itinérante de la manifestation permet également de créer des liens entre des communautés géographiquement dispersées mais partageant un même substrat culturel. En passant de ville en ville, elle tisse un réseau de mémoires locales qui, bout à bout, reconstituent une carte vivante de l’héritage andalou en Tunisie.

Après Tunis, la route se poursuivra jusqu’à Zaghouan, où la manifestation atteindra son terme le 16 mai 2026. D’ici là, chaque étape constituera une occasion supplémentaire de rappeler que le patrimoine n’est pas une affaire de spécialistes, mais bien un bien commun qui appartient à tous les Tunisiens.

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