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Abdelly (ANPRS) : la recherche tunisienne au service de l’économie

La 10e édition du Tunisia Digital Summit, organisée à Tunis autour du thème du triangle Partenariat Public-Privé-Startup, a été l’occasion d’une rencontre avec Chedly Abdelly, directeur général de l’Agence nationale de promotion de la recherche scientifique (ANPRS). Dans un entretien accordé en marge de cet événement, il a livré sa vision d’une recherche scientifique tunisienne […]

La 10e édition du Tunisia Digital Summit, organisée à Tunis autour du thème du triangle Partenariat Public-Privé-Startup, a été l’occasion d’une rencontre avec Chedly Abdelly, directeur général de l’Agence nationale de promotion de la recherche scientifique (ANPRS). Dans un entretien accordé en marge de cet événement, il a livré sa vision d’une recherche scientifique tunisienne résolument tournée vers les besoins concrets du tissu économique et social du pays.

Une agence en quête d’impact réel sur l’économie tunisienne

Pour Chedly Abdelly, la mission de l’ANPRS dépasse largement le cadre académique traditionnel. L’objectif clairement affiché est de faire de la recherche scientifique un levier de transformation économique mesurable. « Nous visons une recherche à fort impact sur le milieu socioéconomique », a-t-il déclaré, résumant ainsi la philosophie qui guide aujourd’hui les orientations stratégiques de l’agence.

Cette ambition s’inscrit dans un contexte où la Tunisie cherche à valoriser ses ressources humaines scientifiques — notamment ses chercheurs, enseignants-chercheurs et doctorants — pour les orienter vers des problématiques industrielles, agricoles, environnementales ou technologiques concrètes. Trop longtemps cantonnée aux laboratoires universitaires, la recherche nationale doit, selon le directeur général, trouver des débouchés dans le monde de l’entreprise et contribuer à la création de valeur ajoutée.

L’ANPRS joue ainsi un rôle d’intermédiaire stratégique entre les institutions de recherche publiques et les acteurs privés, en facilitant le financement de projets collaboratifs, en encourageant les partenariats et en soutenant les initiatives de transfert technologique. Ce positionnement à la jonction du monde académique et du secteur productif est au cœur de la feuille de route de l’agence.

Le partenariat public-privé-startup, nouveau moteur de l’innovation

Le choix du thème du Tunisia Digital Summit — le triangle Public-Privé-Startup — n’est pas anodin. Il reflète une prise de conscience croissante que l’innovation, pour être efficace, ne peut plus reposer sur un seul acteur. La synergie entre les institutions publiques, les entreprises privées établies et les jeunes pousses technologiques est désormais considérée comme la configuration la plus prometteuse pour générer des ruptures et des solutions adaptées aux défis locaux.

Chedly Abdelly a souligné l’importance de ce modèle tripartite dans la dynamique que l’ANPRS cherche à impulser. Les startups, en particulier, sont perçues comme des catalyseurs d’innovation capables de transformer rapidement des résultats de recherche en produits ou services commercialisables. De leur côté, les entreprises privées apportent les ressources, les marchés et l’expérience industrielle nécessaires à la mise à l’échelle. Quant au secteur public, il joue un rôle d’orientation, de régulation et de financement initial, particulièrement crucial dans des domaines où le risque est encore trop élevé pour l’investissement privé seul.

Cette approche trilatérale correspond à un modèle que plusieurs pays émergents ont adopté avec succès pour accélérer leur transition vers des économies fondées sur la connaissance. La Tunisie, forte d’un capital humain reconnu et d’un écosystème startup en progression, dispose des atouts pour s’inscrire dans cette trajectoire, à condition que les mécanismes de coordination entre ces trois sphères soient réellement opérationnels.

Des dispositifs concrets pour rapprocher chercheurs et entreprises

Sur le plan opérationnel, l’ANPRS a mis en place plusieurs mécanismes destinés à fluidifier les échanges entre la communauté scientifique et le secteur productif. Parmi eux figurent des appels à projets ciblés sur des thématiques prioritaires définies en concertation avec les ministères sectoriels et les organisations patronales. L’idée est de flécher les financements publics vers des recherches dont les retombées économiques sont identifiées en amont, plutôt que de laisser les chercheurs travailler en vase clos sur des sujets déconnectés des réalités du marché.

Le directeur général a également évoqué l’importance des plateformes de mise en relation entre chercheurs et entrepreneurs, qui permettent d’identifier les complémentarités et de nouer des collaborations fructueuses. Ces espaces de dialogue, qu’ils soient physiques ou numériques, sont indispensables pour briser les silos qui séparent encore trop souvent le monde universitaire du monde de l’entreprise en Tunisie.

Les défis structurels d’une recherche encore sous-financée

Si la vision est ambitieuse, les défis restent considérables. La recherche scientifique tunisienne souffre depuis des années d’un sous-financement chronique. Le budget consacré à la recherche et développement en proportion du PIB demeure en deçà des standards internationaux recommandés, ce qui limite la capacité des laboratoires à se doter d’équipements modernes, à attirer des talents et à mener des projets de longue haleine.

La fuite des cerveaux constitue un autre défi majeur. De nombreux chercheurs tunisiens de haut niveau choisissent de s’établir à l’étranger, attirés par de meilleures conditions de travail, des salaires plus compétitifs et des infrastructures de recherche plus performantes. Retenir ces talents ou créer les conditions de leur retour est une priorité que l’ANPRS intègre dans sa réflexion stratégique, même si les leviers d’action restent contraints par le contexte budgétaire national.

La question de la valorisation des résultats de recherche — c’est-à-dire le processus qui permet de transformer une découverte scientifique en innovation commerciale — reste également un point de fragilité. Le dépôt de brevets, la création de spin-offs universitaires et le licensing de technologies sont des pratiques encore insuffisamment développées en Tunisie par rapport à des pays comparables. Des progrès ont été réalisés, mais le chemin à parcourir est encore long pour que la recherche tunisienne génère des retombées économiques à la hauteur de son potentiel.

La digitalisation comme terrain d’application prioritaire

Dans le contexte du Tunisia Digital Summit, la transformation numérique apparaît comme l’un des domaines où le lien entre recherche et économie peut se concrétiser le plus rapidement. L’intelligence artificielle, la cybersécurité, l’agriculture de précision, la santé connectée ou encore la fintech sont autant de secteurs où des travaux de recherche appliquée peuvent déboucher sur des solutions à fort potentiel de marché, tant sur le plan local qu’à l’export.

L’ANPRS entend jouer un rôle actif dans l’orientation de la recherche vers ces filières d’avenir, en s’appuyant sur les compétences des universités tunisiennes et des centres de recherche spécialisés. La participation de Chedly Abdelly au Tunisia Digital Summit s’inscrit dans cette logique de dialogue permanent avec l’écosystème numérique, dont les acteurs — startups, investisseurs, grandes entreprises tech — sont des partenaires naturels pour une recherche qui ambitionne de peser sur le développement du pays.

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