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Tunisie-Libye à Nairobi : vers un rapprochement économique

C’est en marge d’un sommet continental majeur que les relations tuniso-libyennes ont franchi un nouveau cap. À Nairobi, où se tenait le Sommet Afrique-France intitulé « L’Afrique en avant », la cheffe du gouvernement tunisien Sarra Zaafrani Zanzeri a tenu une réunion bilatérale avec le président du Conseil présidentiel libyen Mohamed Younès Menfi. Une rencontre […]

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C’est en marge d’un sommet continental majeur que les relations tuniso-libyennes ont franchi un nouveau cap. À Nairobi, où se tenait le Sommet Afrique-France intitulé « L’Afrique en avant », la cheffe du gouvernement tunisien Sarra Zaafrani Zanzeri a tenu une réunion bilatérale avec le président du Conseil présidentiel libyen Mohamed Younès Menfi. Une rencontre qui illustre la volonté des deux pays voisins de consolider leurs liens à travers des chantiers économiques concrets et une vision commune de la stabilité régionale.

Un dialogue bilatéral au cœur d’un agenda africain

Le choix de Nairobi comme cadre de cette rencontre n’est pas anodin. Le Sommet Afrique-France « L’Afrique en avant » rassemblait des responsables politiques et économiques du continent, offrant une plateforme naturelle pour des échanges diplomatiques en marge du programme officiel. C’est dans cet environnement propice aux discussions de haut niveau que Sarra Zaafrani Zanzeri et Mohamed Younès Menfi ont abordé les dossiers qui structurent les relations entre Tunis et Tripoli.

Selon les informations relayées par Tuniscope, les deux responsables ont mis l’accent sur la nécessité de dynamiser les échanges commerciaux entre leurs pays respectifs. La Libye représente historiquement l’un des partenaires commerciaux les plus significatifs de la Tunisie, notamment pour les exportations tunisiennes de produits agroalimentaires, de matériaux de construction et de services. Mais ce potentiel reste en deçà des ambitions affichées des deux côtés de la frontière.

La rencontre a également permis d’évoquer les obstacles structurels qui freinent une coopération plus fluide : les questions liées aux passages frontaliers, à la fluidité des transactions financières entre les deux économies, et aux cadres réglementaires qui régissent les investissements croisés. Ces sujets, techniques en apparence, conditionnent en réalité la profondeur de l’intégration économique souhaitée.

L’intégration économique comme levier de stabilité

Au-delà des chiffres du commerce bilatéral, c’est une logique politique plus large qui transparaît dans ce rapprochement. La stabilité de la Libye demeure un enjeu fondamental pour la Tunisie, tant sur le plan sécuritaire qu’économique. Un voisin apaisé et en voie de reconstruction représente un marché porteur pour les entreprises tunisiennes, mais aussi une garantie contre les flux migratoires irréguliers et les tensions aux frontières.

Dans ce contexte, l’intégration économique n’est pas présentée comme une fin en soi, mais comme un vecteur de stabilisation. En multipliant les interdépendances commerciales et en favorisant les investissements tunisiens en territoire libyen, les deux gouvernements cherchent à tisser des liens qui dépassent les aléas politiques. Cette approche pragmatique s’inscrit dans une tendance plus large observée au sein des pays du Maghreb, où la coopération économique est de plus en plus perçue comme un outil de gestion des crises régionales.

Sarra Zaafrani Zanzeri a, selon les sources disponibles, réaffirmé l’engagement de la Tunisie à soutenir la Libye dans son processus de reconstruction. Cet engagement se traduit concrètement par la présence de nombreux opérateurs économiques tunisiens actifs dans les secteurs du BTP, de la santé et des services en Libye, malgré les défis liés à l’instabilité institutionnelle qui a caractérisé le pays ces dernières années.

Les zones économiques frontalières et les corridors de développement

Parmi les axes de coopération discutés, la question des zones économiques frontalières occupe une place centrale. L’idée de développer des espaces d’échanges dédiés aux deux rives de la frontière tuniso-libyenne n’est pas nouvelle, mais elle retrouve une actualité avec la stabilisation progressive de certaines régions libyennes. Ces zones pourraient permettre de formaliser une partie des échanges informels qui se pratiquent depuis des décennies entre les populations des deux côtés, tout en créant des emplois et en stimulant les économies locales.

La région de Ben Gardane, côté tunisien, et les zones frontalières libyennes adjacentes constituent un écosystème économique transfrontalier dont le potentiel est unanimement reconnu. Structurer cet espace à travers des mécanismes institutionnels communs permettrait de maximiser les retombées pour les populations locales, souvent défavorisées par l’éloignement des centres économiques nationaux.

Les corridors de transport et de logistique constituent un autre volet stratégique de cette coopération. Améliorer les infrastructures routières et les capacités des postes frontaliers figure parmi les priorités identifiées lors des précédentes rencontres bilatérales. La connexion entre les réseaux tunisiens et libyens s’inscrit également dans une perspective continentale, en lien avec les ambitions africaines de désenclavement des territoires et de fluidification des échanges intra-africains.

Le secteur énergétique, un domaine à fort potentiel

La coopération énergétique constitue l’un des terrains les plus prometteurs entre les deux voisins. La Libye, dotée de vastes réserves d’hydrocarbures, et la Tunisie, qui cherche à diversifier ses sources d’approvisionnement énergétique tout en développant ses capacités dans les énergies renouvelables, présentent des profils complémentaires. Des discussions autour de possibles approvisionnements gaziers libyens vers la Tunisie, ainsi que des projets d’interconnexion électrique, ont été évoqués à plusieurs reprises dans le cadre des relations bilatérales.

Ce dossier énergétique revêt une importance particulière dans le contexte actuel, où la Tunisie cherche à réduire sa dépendance aux importations énergétiques coûteuses et à sécuriser son mix énergétique pour les années à venir. Une coopération renforcée avec Tripoli pourrait offrir des solutions partielles à ces défis structurels.

Le cadre institutionnel comme condition du succès

Pour que ces ambitions se concrétisent, les deux parties s’accordent sur la nécessité de renforcer le cadre institutionnel bilatéral. Les commissions mixtes et les accords de coopération existants doivent être réactivés et adaptés aux réalités contemporaines. La tenue régulière de réunions au niveau ministériel et technique est présentée comme une condition indispensable pour transformer les déclarations d’intention en projets opérationnels.

La rencontre de Nairobi entre Sarra Zaafrani Zanzeri et Mohamed Younès Menfi s’inscrit dans cette logique de relance institutionnelle. Elle envoie un signal politique fort quant à la priorité accordée aux relations tuniso-libyennes dans l’agenda diplomatique des deux gouvernements, dans un contexte régional marqué par de multiples incertitudes mais aussi par des opportunités réelles de développement partagé.

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