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Africa Forward : La Tunisie mise sur le numérique pour séduire les investisseurs

À Nairobi, lors du Sommet « Africa Forward » co-organisé par le Kenya et la France les 11 et 12 mai 2026, la Cheffe du gouvernement tunisien Sarra Zaâfrani Zenzeri a pris la parole devant un parterre de jeunes entrepreneurs et de dirigeants de startups technologiques pour défendre une vision économique qui place résolument le […]

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À Nairobi, lors du Sommet « Africa Forward » co-organisé par le Kenya et la France les 11 et 12 mai 2026, la Cheffe du gouvernement tunisien Sarra Zaâfrani Zenzeri a pris la parole devant un parterre de jeunes entrepreneurs et de dirigeants de startups technologiques pour défendre une vision économique qui place résolument le numérique au cœur des priorités nationales. Une intervention remarquée, qui illustre la volonté de Tunis de positionner son écosystème tech comme un argument de poids face aux investisseurs internationaux.

La transformation numérique, pilier de l’attractivité économique tunisienne

Devant un auditoire composé d’acteurs du secteur technologique africain et mondial, Zenzeri a exposé les contours de la stratégie économique du gouvernement tunisien, en insistant sur le rôle déterminant que joue la transition numérique dans la dynamique d’attraction des capitaux étrangers. Pour la Cheffe du gouvernement, digitalisation et compétitivité économique sont deux notions indissociables : améliorer l’environnement des affaires passe aujourd’hui inévitablement par la modernisation des infrastructures numériques et par la simplification des procédures administratives grâce aux outils technologiques.

Elle a par ailleurs souligné la capacité des startups tunisiennes à dépasser les frontières du marché domestique. Plusieurs de ces jeunes entreprises technologiques comptent désormais parmi leurs clients des multinationales de premier rang, ce qui témoigne d’une montée en gamme progressive de l’offre tunisienne en matière d’innovation. Ce rayonnement international constitue, selon Entreprises Magazine qui rapporte ces déclarations, un argument de taille pour convaincre les partenaires étrangers de la maturité de l’écosystème numérique local.

Au-delà de la vitrine internationale, Zenzeri a insisté sur la dimension sociale du secteur technologique : création d’emplois qualifiés, rétention des talents locaux, attraction de profils formés à l’étranger. Dans un contexte où la fuite des cerveaux reste une préoccupation structurelle pour la Tunisie, le développement d’un tissu de startups dynamiques représente l’un des leviers identifiés par le gouvernement pour inverser progressivement cette tendance.

Révision du cadre législatif et positionnement sur l’intelligence artificielle

L’une des annonces les plus attendues de cette intervention concerne le chantier de réforme du cadre réglementaire entourant l’investissement. Zenzeri a confirmé que les travaux de révision des textes législatifs sont en cours, avec pour objectif d’adapter le droit tunisien des affaires aux réalités d’une économie profondément remodelée par le numérique. Il s’agit, selon ses propos, de combler le fossé qui existe parfois entre des textes conçus pour une économie traditionnelle et les besoins concrets d’acteurs évoluant dans des secteurs en mutation rapide, tels que la fintech, la healthtech ou encore les plateformes d’intelligence artificielle.

Sur ce dernier point, la Cheffe du gouvernement a rappelé que la Tunisie occupe une position honorable dans les classements internationaux relatifs à l’adoption et à l’utilisation de l’intelligence artificielle. Ce positionnement repose sur deux piliers : une infrastructure numérique dont le niveau de développement est jugé compétitif à l’échelle régionale, et un cadre juridique perçu comme relativement favorable à l’émergence et à l’expansion des acteurs technologiques. Des atouts que Tunis entend consolider dans les années à venir, à travers des investissements ciblés et une politique publique cohérente.

Karim Beguir et InstaDeep : l’IA comme accélérateur de valeur

L’événement de Nairobi a également été l’occasion d’entendre Karim Beguir, CEO et cofondateur d’InstaDeep, l’une des entreprises technologiques tunisiennes les plus connues à l’international. Il a développé devant l’audience du sommet le rôle central que l’intelligence artificielle est amenée à jouer en tant que catalyseur de l’innovation et de la création de valeur économique sur le continent africain.

Les échanges ont notamment porté sur un enjeu qui monte en puissance dans les débats autour de l’IA : la consommation énergétique des centres de données. Le développement de l’intelligence artificielle à grande échelle suppose des infrastructures informatiques massives, dont l’empreinte carbone et la demande en énergie sont considérables. Pour concilier ambition technologique et impératif environnemental, la nécessité d’investir dans les énergies renouvelables et de concevoir des data centers à faible consommation a été mise en avant comme une condition sine qua non pour que l’IA puisse réellement servir le développement économique et social du continent.

Usage responsable des technologies : un impératif affiché

Face à ces enjeux, Sarra Zaâfrani Zenzeri a tenu à rappeler la position du gouvernement tunisien sur la gouvernance des nouvelles technologies. Elle a insisté sur l’exigence d’un recours responsable et sécurisé à l’intelligence artificielle, une position qui s’inscrit dans un débat mondial de plus en plus structuré autour des risques liés aux biais algorithmiques, à la confidentialité des données et aux usages potentiellement délétères de ces outils.

Cette prise de position publique, tenue sur une scène internationale de premier plan, envoie un signal aux partenaires étrangers : la Tunisie ne veut pas être un simple marché consommateur de technologies développées ailleurs, mais ambitionne de s’inscrire dans la chaîne de valeur mondiale de l’innovation, tout en définissant ses propres règles du jeu en matière d’éthique et de sécurité numériques.

Un sommet africain comme caisse de résonance pour la stratégie tech tunisienne

Le choix du Sommet « Africa Forward » comme tribune pour ces déclarations n’est pas anodin. Cet événement, co-organisé par le Kenya — souvent présenté comme le hub technologique de l’Afrique de l’Est — et la France, réunit des décideurs publics et privés autour des grandes thématiques du développement économique africain. Y prendre la parole, c’est s’adresser simultanément aux investisseurs, aux partenaires institutionnels et aux acteurs de l’écosystème startup africain.

Pour la Tunisie, ce type d’engagement diplomatique à contenu économique fort représente une opportunité de corriger certaines perceptions et de mettre en valeur des atouts qui restent parfois méconnus : la densité de son vivier de talents formés en ingénierie et en informatique, la compétitivité de ses coûts opérationnels pour les entreprises technologiques, et la proximité géographique et culturelle avec les marchés européen et africain. Autant d’éléments qui alimentent la narration que Tunis cherche à construire à l’international autour de son ambition numérique.

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