Trois manifestations, trois disciplines artistiques, un seul objectif : confirmer le statut de la Tunisie comme référence culturelle dans l’espace arabe et africain. Le ministère des Affaires culturelles a officialisé le programme des grandes fêtes nationales pour l’année 2026, avec des dates précises pour les Journées Musicales de Carthage, les Journées Théâtrales de Carthage et les Journées Cinématographiques de Carthage. Un agenda dense, qui s’étale d’octobre à décembre et mobilise chaque année des artistes, des professionnels et des publics venus des quatre coins du continent et au-delà.
Les Journées Musicales de Carthage ouvrent la saison en octobre
C’est la musique qui donnera le coup d’envoi de cette séquence culturelle automnale. Les Journées Musicales de Carthage (JMC) sont programmées du 3 au 10 octobre 2026. Depuis leur création, cet événement s’est imposé comme un espace de dialogue entre les sonorités traditionnelles et les formes musicales contemporaines, offrant une plateforme aux artistes émergents des scènes arabe et africaine qui peinent parfois à trouver leur place dans les circuits commerciaux dominants.
Les JMC ne se réduisent pas à un simple festival de concerts. Elles constituent un véritable laboratoire d’échanges entre musiciens, producteurs et diffuseurs, où les collaborations transfrontalières naissent souvent en marge des performances sur scène. L’édition 2026 devrait, comme les précédentes, mêler les genres : musique du monde, jazz, électro, musiques savantes arabes, afrobeat ou encore fusion méditerranéenne. La diversité est précisément ce qui confère aux JMC leur singularité dans un paysage festivalier de plus en plus concurrentiel.
Tunis et ses grandes scènes accueilleront à nouveau les artistes et le public dans une atmosphère qui allie rigueur artistique et accessibilité populaire. Pour les professionnels du secteur, c’est aussi l’occasion de prendre le pouls des tendances musicales qui traversent le Maghreb, l’Afrique subsaharienne et le Moyen-Orient, dans un format concentré sur une semaine.
Le théâtre s’empare de novembre avec les JTC
Deux semaines après la fin des JMC, c’est au tour des arts de la scène de prendre les devants. Les Journées Théâtrales de Carthage (JTC) se tiendront du 21 au 28 novembre 2026. Fondées sur une tradition de programmation exigeante et engagée, ces journées représentent l’un des rendez-vous théâtraux les plus attendus du monde arabe.
Les JTC ont toujours affiché une identité forte : celle d’un théâtre qui prend position, qui interroge les sociétés, qui bouscule les certitudes. Les troupes invitées, qu’elles viennent de Tunisie, du Maroc, d’Égypte, du Liban ou d’Afrique subsaharienne, partagent souvent cette conviction que la scène est un espace de résistance autant qu’un lieu de création. Les mises en scène présentées lors de ces journées sont régulièrement remarquées par la critique internationale et permettent à des compagnies moins connues de gagner en visibilité.
Pour la Tunisie, les JTC constituent aussi un baromètre de la vitalité de son tissu théâtral national. Les troupes tunisiennes y occupent une place centrale, et la compétition entre les différentes villes du pays — Tunis, Sfax, Sousse, Gafsa — pour produire les spectacles les plus aboutis reflète la richesse d’un secteur qui travaille souvent dans des conditions matérielles difficiles. L’édition 2026 devrait ainsi offrir un panorama complet de ce que le théâtre tunisien et arabe produit de plus inventif, entre textes classiques réinterprétés et créations contemporaines inédites.
Les JTC, c’est également un espace de formation et de transmission, avec des ateliers, des tables rondes et des rencontres entre praticiens du théâtre et étudiants des instituts spécialisés. Cette dimension pédagogique renforce l’impact de l’événement bien au-delà des nuits de représentation.
Les JCC clôturent l’année sous le signe du cinéma du Sud
Le dernier acte de cette trilogie culturelle revient au cinéma. Les Journées Cinématographiques de Carthage (JCC) fermeront le calendrier 2026 avec une édition prévue du 12 au 19 décembre. Créées en 1966, les JCC sont l’un des plus anciens festivals de cinéma du continent africain et du monde arabe. Leur longévité témoigne d’un attachement profond à la défense d’un cinéma qui ne se plie pas aux seules logiques du marché.
La vocation des JCC est clairement affirmée depuis leur fondation : mettre en lumière le cinéma africain et arabe, valoriser les œuvres qui portent un regard critique sur les réalités sociales, politiques et humaines du Sud global. Cette ligne éditoriale tranche avec celle de nombreux festivals généralistes et explique en partie la fidélité d’un public cinéphile exigeant, qui vient à Tunis chaque décembre pour découvrir des films rarement distribués dans les salles commerciales.
L’édition 2026 s’inscrit dans la continuité de cette tradition, avec des sélections compétitives dans plusieurs catégories — longs métrages fiction, documentaires, courts métrages, films pour la jeunesse — et des jurys composés de professionnels reconnus de l’industrie cinématographique internationale. Les JCC sont aussi un marché du film, où coproductions et accords de distribution se nouent dans les couloirs autant que dans les salles de projection.
Pour Tunis, accueillir les JCC en décembre, c’est clore l’année en beauté et rappeler que la capitale tunisienne est, depuis six décennies, un lieu de référence pour le septième art africain et arabe. Les cinéastes émergents du continent y trouvent une tribune, les réalisateurs confirmés y présentent leurs dernières œuvres, et les festivaliers y vivent une semaine d’immersion cinématographique intense.
Selon Gnet News, qui a relayé l’annonce du ministère des Affaires culturelles, ce calendrier triennal — JMC, JTC, JCC — dessine une séquence cohérente qui positionne la Tunisie, chaque automne et chaque hiver, au cœur des dynamiques artistiques régionales. Ces trois événements, distincts dans leurs disciplines mais convergents dans leur ambition de valoriser la création du Sud, forment ensemble l’ossature d’une politique culturelle tournée vers le rayonnement international.


